Le renonçant Kandaraka admire comment les moines gardent le silence. Le Seigneur lui
dit qu'il y a là des Accomplis et que les autres pratiquent les 4 satipatthâna.
Le dresseur d'éléphants Pessa fait l'éloge des 4 satipatthâna. Les laïcs aussi les pratiquent quand ils le peuvent.
Le Seigneur décrit les 4 sortes d'humains. 1 : ceux qui se font du mal,
autrement dit les ascètes qui suivent des règles étranges et
douloureuses. 2 : ceux qui font du mal aux autres, bouchers, chasseurs,
pêcheurs, voleurs, bourreaux... 3 : ceux qui font du mal à eux-mêmes et
aux autres, ils se livrent à des austérités, organisent des sacrifices
religieux, rudoient leurs gens. 4 : ceux qui ne font de mal ni à
eux-mêmes ni aux autres, autrement dit qui se font moines, pratiquent
les bonnes actions, contrôlent les portes des sens, sont vigilants,
atteignent les 4 jhânas, se souviennent de leurs vies antérieures,
voient la mort et la renaissance, éliminent les contaminations.
Le laïc Dasama de la ville d'Atthaka vient demander au vénérable Ânanda si le Bouddha a indiqué comment un moine diligent peut se libérer et éliminer les contaminations. Ânanda répond avec les 4 jhânas, la bienveillance, la pitié, la joie, le regard neutre et les 3 premiers domaines illimités. Mais à chaque fois le pratiquant doit comprendre que l'état atteint est conditionné, prémédité et temporaire. Sur cette base il atteint l'Accomplissement ou le Sans-retour.
53. Le récit de l'exercice (Sekhasutta°)Lors de l'inauguration d'une salle de réunion à Kapilavatthu, le Seigneur, qui a mal au dos, demande à Ânanda d'exposer aux Sakyas présents en quoi consiste l'entraînement : être discipliné, garder la porte de ses sens, connaître la juste quantité de nourriture, être persévérant, confiant, rejeter les mauvaises conduites, bien connaître les enseignements, être énergique, vigilant, sagace, atteindre les 4 jhânas. Le disciple est alors un sekho, il s'exerce vraiment. Il peut alors se rappeler ses vies antérieures, voir la mort et la renaissance des êtres, puis se libérer de toute contamination. Explication de ce que sont la sapience et la conduite dans l'expression "doué de la sapience et de la conduite" (Visud VII 30).
54. Le récit de Potaliya (Potaliyasutta°)Potaliya était un laïc qui avait abandonné toutes les activités de son état, légué ses biens à son fils et vivait de peu. Le Seigneur lui dit que les disciples purs abandonnent d'autres activités : le meurtre, le vol, le mensonge, les propos qui créent la zizanie, la convoitise, les reproches, la colère, la rancœur et l'orgueil. De plus ils abandonnent les plaisirs sensoriels et se réfugient dans l'unité (absorption contemplative). Les plaisirs des sens sont comparés à des os, à un morceau de viande, à une torche, à un puits de braises, à un rêve, à un emprunt, à des fruits. Les purs disciples se rappellent ensuite leurs vies antérieures, voient la mort et la renaissance, et se libèrent. Potaliya devient un fidèle du Seigneur.
55. Le récit de Jîvaka (Jîvakasutta°) A quelles conditions un moine peut-il manger de la viande ?
Jîvaka rapporte ce que disent certains. Réponse de maître Gotama.
Le plus important, est-ce l'action physique, verbale ou mentale ?
Les épisodes
: débat de Maître Gotama et de Tapassi. Tapassi revient auprès de son
maître Nâtaputta. Oupâli disciple du même maître vient débattre avec
Maître Gotama mais il est "retourné" au moyen d'exemples concrets
et en devient le disciple. Nâtaputta n'accepte pas ce changement.
Conseils sur la conduite que doit suivre Oupâli vis-à-vis des autres
sectes.
Où prend-on renaissance après la mort ?
Les épisodes
: deux ascètes imitant des animaux viennent demander à maître Gotama
quel sera leur destin après la mort. Celui-ci leur explique 4 sortes
d'actes, les actions sombres, les actions claires, les actions sombres
et claires, les actions ni sombres ni claires. Un ascète prend refuge,
l'autre devient moine et atteint l'Accomplissement.
Nâtaputta le sans-lien suggère au prince Abhaya d'aller demander au
Seigneur : “Le Tathâgata peut-il dire aux autres quelque chose qui leur
soit désagréable ou odieux ?” S'il répond oui, il n'est pas différent
des personnes ordinaires. Mais s'il répond non, comment se fait-il
qu'il ait dit que Dévadatta irait en enfer pendant un éon ?
Abhaya invite le Seigneur à déjeuner et lui pose la question après le
repas. Le Seigneur répond que la question est trop simpliste. A ce
moment le prince tenait un bébé sur ses genoux. Le Seigneur demande ce
que le prince ferait si le bébé mettait un bâtonnet ou un caillou dans
sa bouche. Le prince aurait pitié et retirerait l'objet. Le Tathâgata a
lui aussi pitié des êtres, il ne dit rien qui soit faux, non conforme à
la réalité ou inutile à l'atteinte du but. En revanche il attend le bon
moment pour dire ce qui est vrai, conforme à la réalité et utile pour
atteindre le but, que cela soit agréable ou non aux autres.
Abhaya demande ensuite si le Tathâgata répond spontanément aux
questions qu'on lui pose ou s'il y a réfléchi avant. Il répond
spontanément. Abhaya devient un fidèle du Seigneur.
Le charpentier Pañcakanga
vient voir le vénérable Udâyi et lui demande combien de types de
ressenti (vedanâ) le Seigneur cite. Le vénérable lui dit 3, agréable,
désagréable et neutre. Mais le charpentier nie que le Seigneur parle du
ressenti neutre et affirme qu'il dit à la place "bonheur excellent et
paisible".
Ânanda entend la conversation, va la
relater au Seigneur, lequel précise qu'il parle tantôt de 2 types de
ressenti (physique et mental), tantôt de 3, de 5 (selon la faculté,
indriya), de 6 (selon la porte), de 18 (3 fois 6), de 36 (3 x 6 chez
les moines et 3 x 6 chez les laïcs) ou de 108 (36 fois dans le passé,
autant dans le futur et le présent). Puis le Seigneur énumère des
bonheurs de plus en plus élevés : les plaisirs sensoriels, les bonheurs
des 4 jhânas, ceux des 4 domaines illimités et celui de l'arrêt des
perceptions et du ressenti. A propos de ce dernier cas, il ne faut pas
confondre sukha° vedana° (ressenti agréable) et sukha° (bonheur).
Les brahmanes de Sâlâ rendent visite au Seigneur qui s'est arrêté près
de leur ville. Ils n'ont pas de maître. Le Seigneur cite des croyances
contradictoires : il y a un au-delà, il n'y en a pas. Qu'il y en ait ou
non, on est gagnant en pratiquant les bonnes actions car on ne risque
pas l'enfer, que celui-ci existe ou non, on est respecté, on ne raille
pas ceux qui pensent ceci ou cela. Même raisonnement quant aux
éventuels effets du kamma, quant aux possibles causes de la condition
des êtres, quant aux éventuels mondes non physiques (âruppâ), quant au
possible arrêt de l'existence.
Il y a 4 sortes d'humains (comme dans le récit n° 51).