Il ne faut pas mentir, même pour plaisanter. Illustration avec l'éléphant de combat qui se donne entièrement. Il ne faut agir, parler et penser qu'après mûre réflexion. Quand on veut faire, dire ou penser quelque chose, il faut l'évaluer avant, pendant et après. S'il apparaît après coup que cela était répréhensible, il faut le confesser au Maître ou aux sages compagnons de façon à mieux se contrôler par la suite et à purifier sa conduite.
62. Le grand récit de Râhoula (Mahârâhulasutta°)
Râhoula suit le Seigneur pour mendier. Le Seigneur lui dit de considérer
chacun des 5 ensembles ainsi : “Ceci n'est pas à moi, je ne suis pas
ceci, ceci n'est pas mon moi-autonome”. Râhoula renonce à mendier et
s'assied au pied d'un arbre, vigilant. Survient Sâriputta qui lui
conseille de pratiquer la vigilance à l'inspir-expir.
Le soir, Râhoula va trouver le Seigneur et lui demande comment bien faire
cette pratique. Le Seigneur énumère les éléments terre, eau, feu, vent
internes (Visud XI 31) et l'élément espace interne. Pour chaque
élément, ceci n'est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon
moi-autonome. Il faut ensuite pratiquer comme la terre et comme l'eau
qui reçoivent les choses agréables et désagréables sans en être gênées,
comme le feu qui les brûle indistinctement, comme le vent qui les
disperse, comme l'espace qui ne dépend de rien. Puis développer la
bienveillance, la pitié, la joie et le regard neutre pour chasser la
haine, la contemplation de la laideur pour chasser la passion, celle du
caractère temporaire pour éliminer la prétention "je suis", et celle de
l'inspir-expir (Visud VIII 145). Si cette dernière est beaucoup
pratiquée, le dernier inspir-expir se fera en toute conscience.
Quelle est l'importance des
questions métaphysiques pour atteindre le dénouement ?
Les épisodes : le moine Mâlunkya se pose des questions métaphysiques.
Il va trouver Gotama. Celui-ci lui montre au moyen d'une parabole que
ces questions sont des obstacles, et pointe ce qui est important : les
quatre vérités.
Le vénérable Mâlunkyâputta répond au Seigneur que les 5 chaînes inférieures sont la croyance à la personne (sakkâyaditthi), l'incertitude, la méprise quant aux comportements et rites, l'élan sensoriel et l'aversion. Mais le Seigneur reprend Mâlunkya car un petit bébé n'a pas la notion de sakkâya, ni de réalité (donc pas d'incertitude à son égard), ni de comportements (donc pas de méprise), ni de sensoriel (donc pas d'élan), ni d'êtres (donc pas d'aversion), il n'a aucune de ces 5 chaînes, mais il en a la latence (anusaya). Le sot dont l'esprit est assailli par ces tendances ne sait comment s'en libérer, elles prennent de la force, deviennent solides et forment alors des chaînes. Mais le disciple instruit s'en libère en atteignent l'un des jhânas ou des domaines infinis. Là il voit chacun des ensembles comme temporaire, dérisoire, semblable à une maladie, à un abcès, à une épine, à une faute, à une oppression, comme étranger, se disloquant, vide et sans moi-autonome. Il s'en détourne, se porte vers l'élément immortel et peut ainsi éliminer toutes les contaminations.
65. Le récit de Bhaddâli (bhaddâlisutta°)
Le Seigneur dit aux moines de ne prendre qu'un repas par jour. Le
vénérable Bhaddâli dit qu'il craint, dans ce cas, de ne pas pouvoir
bien mener la vie sainte, même si après avoir déjeuner chez quelqu'un
il emporte un surplus de nourriture.
3 mois passent.
Bhaddâli retourne voir le Seigneur et reconnaît sa faute. Le Seigneur
dit que le moine qui ne respecte pas la totalité des règles ne peut
pas atteindre les états surhumains, alors que celui qui les suit pleinement
peut arriver aux jhânas, se rappeler ses vies antérieures, voir la mort
et la renaissance, supprimer les contaminations et reconnaître sa
Délivrance.
Bhaddâli demande ensuite pourquoi on
réprimande souvent certains moines et pas d'autres. On réprimande
longuement les moines qui commettent des transgressions répétées et ne
s'amendent pas, brièvement les transgresseurs occasionnels qui
s'amendent, et on ménage ceux qui manquent de confiance et risquent de
retourner à l'état laïc.
Puis Bhaddâli demande
pourquoi il y a maintenant beaucoup de règles et peu de moines
accomplis alors que c'était l'inverse au début. Le Seigneur répond
qu'il en va ainsi quand la qualité des personnes diminue et que le
Dhamma rencontre des obstacles. Les règles sont faites pour écarter les
causes de contamination (âsâva). Quand la communauté s'accroît, les
sources de contamination se multiplient. Et aussi quand les dons
affluent, quand la renommée grandit, quand les enseignements se
multiplient et que le temps passe.
Bhaddâli était
là dans les débuts mais, par manque d'attention, il n'a pas retenu
l'image du pur-sang. Le dresseur à qui l'on confie un beau pur-sang
l'entraîne progressivement à porter le mors, puis le harnais, puis à
marcher droit, etc. jusqu'à avoir toutes les qualités d'une monture
royale. Le moine accompli qui mérite les honneurs a dix qualités :
vision, dessein, parole, action, subsistance, effort, vigilance,
concentration, connaissance et Délivrance parfaites des asekha.
Comment s'est passée la réduction du nombre de repas ?
Episodes
: le vénérable Oudâyi se souvient des instructions du Maître de réduire
le nombre de repas. Maître Gotama en profite pour parler de la force
des liens qui empêchent de lâcher prise. Images de la caille, de
l'éléphant royal, du pauvre, du riche, de l'attachement aux souvenirs
et aux espoirs, aux absorptions contemplatives.
Une troupe de moines dirigée par Sâripoutta et Moggallâna arrive à
Câtoumâ. Leur installation est bruyante, le Seigneur leur reproche de
faire autant de bruit qu'une criée aux poissons et les chasse. Les
habitants de Câtoumâ et Brahmâ Sahampati intercèdent pour eux car il y
avait là de nouveaux moines pas encore éduqués.
Les moines reviennent auprès du Seigneur. Qu'ont pensé Sâripoutta et
Moggallâna pendant l'incident ? Sâripoutta a pensé que le Seigneur
allait s'absorber et qu'il allait faire de même. Mais Moggallâna a
pensé que les deux vénérables devaient s'occuper des moines pendant que
le Seigneur était absorbé. Le Seigneur blâme Sâripoutta et approuve
Moggallâna.
Qui entre dans l'eau peut craindre
les vagues, les crocodiles, les tourbillons et les poissons carnivores.
Un nouveau moine peut regretter la vie laïque dans 4 cas : quand on lui
dit comment se comporter ici, quand on lui explique quoi manger et
quand, quand il voit les plaisirs dont jouissent les laïcs ou quand il
voit des femmes peu habillées.
De nouveaux moines venant de familles éminentes disent au Seigneur
qu'ils prennent plaisir à la vie sainte. Celui-ci leur répond que si
l'on n'acquiert pas le ravissement du jhâna, on peut avoir de la
convoitise, de l'aversion, de la torpeur, de l'agitation, de
l'incertitude, du mécontentement ou du découragement, et ne pas
atteindre les états excellents.
Les disciples
pensent que le Seigneur a bien détruit les contaminations. Il indique
les états vraiment atteints par les disciples décédés de sorte que les
élèves aspirent à ces états, Accomplissement, Sans-retour,
Un-seul-retour ou Entrée-dans-le-courant. Même chose pour les
nonnes. Même chose pour les laïcs, hommes et femmes, sauf
l'Accomplissement.
Goulissâni, moine de la forêt, vint loger au monastère pour une affaire
à régler. Son comportement était grossier. Le vénérable Sâripoutta
énuméra les qualités qu'un moine de la forêt devrait avoir tout comme
les autres moines (sinon à quoi bon demeurer dans la solitude ?) Il
doit respecter ses compagnons, suivre les règles pour les sièges, pour
aller au village, dans les familles. Il ne doit pas être frivole ni
bavard mais amical. Il doit garder les portes des sens, manger
modérément, être éveillé, énergique, vigilant, concentré, sagace et
instruit.
Le Seigneur prescrit de ne plus manger le soir car cela améliore son
état. Cette injonction est transmise aux moines Assaji et Pounabbasouka
qui n'en tiennent pas compte car ils se sentent bien sans cela. Le
Seigneur les convoque et leur dit que ce n'est pas l'agréable, le
désagréable et le neutre qui comptent, mais la destruction du
pernicieux et la croissance du bénéfique.
7
sortes d'individus (Visud XXI 74) : le doublement-délivré, le
délivré-par-la-sagacité, le témoin-corporel, celui qui réussit par la
vision, le délivré-par-la-conviction, le suivant-de-l'agent et le
suivant-de-la-conviction, avec l'explication de chaque cas.