accueil

 SEPTIEME DIZAINE
 dite section des moines

61. Le récit de Râhoula à Ambalatthikâ   (Ambalatthikârâhulovâdasutta°)

    Il ne faut pas mentir, même pour plaisanter. Illustration avec l'éléphant de combat qui se donne entièrement. Il ne faut agir, parler et penser qu'après mûre réflexion. Quand on veut faire, dire ou penser quelque chose, il faut l'évaluer avant, pendant et après. S'il apparaît après coup que cela était répréhensible, il faut le confesser au Maître ou aux sages compagnons de façon à mieux se contrôler par la suite et à purifier sa conduite.

62. Le grand récit de Râhoula   (Mahârâhulasutta°)

    Râhoula suit le Seigneur pour mendier. Le Seigneur lui dit de considérer chacun des 5 ensembles ainsi : “Ceci n'est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon moi-autonome”. Râhoula renonce à mendier et s'assied au pied d'un arbre, vigilant. Survient Sâriputta qui lui conseille de pratiquer la vigilance à l'inspir-expir.
    Le soir, Râhoula va trouver le Seigneur et lui demande comment bien faire cette pratique. Le Seigneur énumère les éléments terre, eau, feu, vent internes (Visud XI 31) et l'élément espace interne. Pour chaque élément, ceci n'est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon moi-autonome. Il faut ensuite pratiquer comme la terre et comme l'eau qui reçoivent les choses agréables et désagréables sans en être gênées, comme le feu qui les brûle indistinctement, comme le vent qui les disperse, comme l'espace qui ne dépend de rien. Puis développer la bienveillance, la pitié, la joie et le regard neutre pour chasser la haine, la contemplation de la laideur pour chasser la passion, celle du caractère temporaire pour éliminer la prétention "je suis", et celle de l'inspir-expir (Visud VIII 145). Si cette dernière est beaucoup pratiquée, le dernier inspir-expir se fera en toute conscience.

63. Le petit récit de Mâlunkya   (Cûlamâlunkyasutta°)

    Quelle est l'importance des questions métaphysiques pour atteindre le dénouement ?
    Les épisodes : le moine Mâlunkya se pose des questions métaphysiques. Il va trouver Gotama. Celui-ci lui montre au moyen d'une parabole que ces questions sont des obstacles, et pointe ce qui est important : les quatre vérités.

64. Le grand récit de Mâlunkya   (Mahâmâlunkyasutta°)

    Le vénérable Mâlunkyâputta répond au Seigneur que les 5 chaînes inférieures sont la croyance à la personne (sakkâyaditthi), l'incertitude, la méprise quant aux comportements et rites, l'élan sensoriel et l'aversion. Mais le Seigneur reprend Mâlunkya car un petit bébé n'a pas la notion de sakkâya, ni de réalité (donc pas d'incertitude à son égard), ni de comportements (donc pas de méprise), ni de sensoriel (donc pas d'élan), ni d'êtres (donc pas d'aversion), il n'a aucune de ces 5 chaînes, mais il en a la latence (anusaya). Le sot dont l'esprit est assailli par ces tendances ne sait comment s'en libérer, elles prennent de la force, deviennent solides et forment alors des chaînes. Mais le disciple instruit s'en libère en atteignent l'un des jhânas ou des domaines infinis. Là il voit chacun des ensembles comme temporaire, dérisoire, semblable à une maladie, à un abcès, à une épine, à une faute, à une oppression, comme étranger, se disloquant, vide et sans moi-autonome. Il s'en détourne, se porte vers l'élément immortel et peut ainsi éliminer toutes les contaminations.

65. Le récit de Bhaddâli   (bhaddâlisutta°)

   Le Seigneur dit aux moines de ne prendre qu'un repas par jour. Le vénérable Bhaddâli dit qu'il craint, dans ce cas, de ne pas pouvoir bien mener la vie sainte, même si après avoir déjeuner chez quelqu'un il emporte un surplus de nourriture.
    3 mois passent. Bhaddâli retourne voir le Seigneur et reconnaît sa faute. Le Seigneur dit que le moine qui ne respecte pas la totalité des règles ne peut pas atteindre les états surhumains, alors que celui qui les suit pleinement peut arriver aux jhânas, se rappeler ses vies antérieures, voir la mort et la renaissance, supprimer les contaminations et reconnaître sa Délivrance.
    Bhaddâli demande ensuite pourquoi on réprimande souvent certains moines et pas d'autres. On réprimande longuement les moines qui commettent des transgressions répétées et ne s'amendent pas, brièvement les transgresseurs occasionnels qui s'amendent, et on ménage ceux qui manquent de confiance et risquent de retourner à l'état laïc.
    Puis Bhaddâli demande pourquoi il y a maintenant beaucoup de règles et peu de moines accomplis alors que c'était l'inverse au début. Le Seigneur répond qu'il en va ainsi quand la qualité des personnes diminue et que le Dhamma rencontre des obstacles. Les règles sont faites pour écarter les causes de contamination (âsâva). Quand la communauté s'accroît, les sources de contamination se multiplient. Et aussi quand les dons affluent, quand la renommée grandit, quand les enseignements se multiplient et que le temps passe.
    Bhaddâli était là dans les débuts mais, par manque d'attention, il n'a pas retenu l'image du pur-sang. Le dresseur à qui l'on confie un beau pur-sang l'entraîne progressivement à porter le mors, puis le harnais, puis à marcher droit, etc. jusqu'à avoir toutes les qualités d'une monture royale. Le moine accompli qui mérite les honneurs a dix qualités : vision, dessein, parole, action, subsistance, effort, vigilance, concentration, connaissance et Délivrance parfaites des asekha.

66. Le récit de la caille   (Latukikopamasutta°)

    Comment s'est passée la réduction du nombre de repas ?
    Episodes : le vénérable Oudâyi se souvient des instructions du Maître de réduire le nombre de repas. Maître Gotama en profite pour parler de la force des liens qui empêchent de lâcher prise. Images de la caille, de l'éléphant royal, du pauvre, du riche, de l'attachement aux souvenirs et aux espoirs, aux absorptions contemplatives.

67. Le récit de Câtouma   (Câtumasutta°)

    Une troupe de moines dirigée par Sâripoutta et Moggallâna arrive à Câtoumâ. Leur installation est bruyante, le Seigneur leur reproche de faire autant de bruit qu'une criée aux poissons et les chasse. Les habitants de Câtoumâ et Brahmâ Sahampati intercèdent pour eux car il y avait là de nouveaux moines pas encore éduqués.
    Les moines reviennent auprès du Seigneur. Qu'ont pensé Sâripoutta et Moggallâna pendant l'incident ? Sâripoutta a pensé que le Seigneur allait s'absorber et qu'il allait faire de même. Mais Moggallâna a pensé que les deux vénérables devaient s'occuper des moines pendant que le Seigneur était absorbé. Le Seigneur blâme Sâripoutta et approuve Moggallâna.
    Qui entre dans l'eau peut craindre les vagues, les crocodiles, les tourbillons et les poissons carnivores. Un nouveau moine peut regretter la vie laïque dans 4 cas : quand on lui dit comment se comporter ici, quand on lui explique quoi manger et quand, quand il voit les plaisirs dont jouissent les laïcs ou quand il voit des femmes peu habillées.

68. Le récit de Nalakapâna   (Nalakapânasutta°)

    De nouveaux moines venant de familles éminentes disent au Seigneur qu'ils prennent plaisir à la vie sainte. Celui-ci leur répond que si l'on n'acquiert pas le ravissement du jhâna, on peut avoir de la convoitise, de l'aversion, de la torpeur, de l'agitation, de l'incertitude, du mécontentement ou du découragement, et ne pas atteindre les états excellents.
    Les disciples pensent que le Seigneur a bien détruit les contaminations. Il indique les états vraiment atteints par les disciples décédés de sorte que les élèves aspirent à ces états, Accomplissement, Sans-retour, Un-seul-retour ou Entrée-dans-le-courant. Même chose pour les nonnes. Même chose pour les laïcs, hommes et femmes, sauf l'Accomplissement.

69. Le récit de Goulissâni   (Gulissânisutta°)

    Goulissâni, moine de la forêt, vint loger au monastère pour une affaire à régler. Son comportement était grossier. Le vénérable Sâripoutta énuméra les qualités qu'un moine de la forêt devrait avoir tout comme les autres moines (sinon à quoi bon demeurer dans la solitude ?) Il doit respecter ses compagnons, suivre les règles pour les sièges, pour aller au village, dans les familles. Il ne doit pas être frivole ni bavard mais amical. Il doit garder les portes des sens, manger modérément, être éveillé, énergique, vigilant, concentré, sagace et instruit.

70. Le récit de Kîtâgiri   (Kîtâgirisutta°)

    Le Seigneur prescrit de ne plus manger le soir car cela améliore son état. Cette injonction est transmise aux moines Assaji et Pounabbasouka qui n'en tiennent pas compte car ils se sentent bien sans cela. Le Seigneur les convoque et leur dit que ce n'est pas l'agréable, le désagréable et le neutre qui comptent, mais la destruction du pernicieux et la croissance du bénéfique.
    7 sortes d'individus (Visud XXI 74) : le doublement-délivré, le délivré-par-la-sagacité, le témoin-corporel, celui qui réussit par la vision, le délivré-par-la-conviction, le suivant-de-l'agent et le suivant-de-la-conviction, avec l'explication de chaque cas.

huitième dizaine >