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 HUITIEME DIZAINE
dite section des renonçants

71. Le récit de Vacchagotta et des trois connaissances   (Tevijjavacchagottasutta°)

    Le renonçant Vacchagotta demande s'il est juste de dire que “l'ascète Gotama est omniscient, omnivoyant et qu'il se reconnaît une connaissance et vision complète : que ce soit en marchant ou debout, endormi ou éveillé, la connaissance et vision est toujours présente, en permanence”. Le Seigneur répond que non, il faut dire que “l'ascète Gotama a les trois connaissances (vijjâ) : il se rappelle ses vies antérieures, il voit la mort et la renaissance, il connaît la Délivrance en ayant supprimé les contaminations”.
    Puis Vacchagotta pose d'autres questions sur l'après-mort. Le Seigneur répond que les laïcs ne peuvent atteindre l'Accomplissement mais qu'ils sont nombreux à aller au ciel. Les âjîvaka, ascètes nus, ne peuvent atteindre l'Accomplissement et un seul d'entre eux, qui proclamait le kamma et ne refusait pas le kiriya, a pu atteindre le ciel.

72. Le récit de Vacchagotta et du feu   (Aggivacchagottasutta°)

    Le renonçant vient demander au Seigneur auxquelles des 16 opinions (énumérées dans le récit n° 63) il croit. Chaque croyance est une entrave pernicieuse qui ne mène pas au Dénouement. Le Seigneur les voit comme des dangers, ne s'y risque pas et les écarte, mais il voit bien chacun des 5 ensembles, son apparition et sa disparition, ainsi que la Délivrance par la destruction de toute imagination, croyance, désir, appréciation.
    Le Dhamma est profond, difficile à comprendre, difficile à voir, paisible, excellent, non intellectuel, subtil, accessible aux seuls sages.
    L'incendie cesse quand tout est brûlé et il ne va nulle part. De même tous les ensembles dans lesquels on voudrait identifier le Tathâgata sont détruits. Le Tathâgata est sans fond, incommensurable, insondable comme l'océan.
    Vacchagotta devient un fidèle du Seigneur.

73. Le grand récit de Vacchagotta   (Mahâvacchagottasutta°)

    Le Seigneur enseigne à Vacchagotta le pernicieux (akusala) et le bénéfique (kusala). Attraction, aversion et confusion sont pernicieuses, le contraire est bénéfique. Les 10 mauvaises actions (récit n° 41) sont pernicieuses, s'en abstenir est bénéfique.
    Il y a des centaines de moines et de nonnes qui ont atteint l'Accomplissement, des centaines de laïcs chastes, hommes et femmes, qui ont atteint le Sans-retour, des centaines de laïcs, hommes et femmes, s'adonnant aux plaisirs des sens, qui mettent l'enseignement en pratique et le comprennent par eux-mêmes, sans l'aide d'autrui. Si Gotama avait été le seul à réussir, la vie sainte aurait été incomplète.
    Vacchagotta demande l'ordination et l'obtient après 4 ans. 2 semaines plus tard il revient voir le Seigneur. Il a la connaissance acquise grâce à l'exercice et demande comment aller plus loin. Le Seigneur lui indique la quiétude (samatha) et la supravoyance (vipassanâ), puis les "réussites" (Visud XII 2), l'oreille divine, la lecture de l'esprit d'autrui, le souvenir des vies antérieures, la connaissance de la mort et de la renaissance, et la destruction des contaminations. Vacchagotta atteint l'Accomplissement.

74. Le récit de Dîghanakha   (Dîghanakhasutta°)

    Comment Gotama fit-il comprendre que l'attachement aux croyances ne mène pas à la délivrance ?
    Les épisodes : le renonçant Ongle-long déclare ce à quoi il croit. Gotama lui montre l'inconvénient de cette attitude, puis lui indique pourquoi il faut se détacher du corps et du ressenti. Effet de cette conversation sur Sâriputta.

75. Le récit de Mâgandiya   (Mâgandiyasutta°)

    Faut-il développer les 5 sens, ou au contraire les contrôler ?
    Les épisodes : le renonçant Mâgandiya préconise le développement des sens. Il rencontre Gotama. Celui-ci utilise sa propre expérience, ainsi que l'image du lépreux, pour montrer à quel point les plaisirs des sens sont trompeurs. Mâgandiya demande son admission comme moine. Il atteint l'Accomplissement.

76. Le récit de Sandaka   (Sandakasutta°)

    Le vénérable Ânanda va voir Sandaka et sa troupe de renonçants. Il leur énumère 4 doctrines professées par des gourous, qui toutes nient la responsabilité des hommes et vont à l'encontre de la vie sainte. Il décrit aussi 4 sortes de gourous qui n'inspirent pas confiance : celui qui se prétend omniscient et qui explique ses mésaventures comme des actes qu'il devait acccomplir, celui qui se réfère à la tradition mais ne la connaît pas bien, celui qui procède par raisonnement mais s'y prend mal, et celui qui est stupide et s'embrouille dans ses réponses.
    Au contraire, quand le Tathâgata paraît et enseigne, nombreux sont ceux qui se font moines, pratiquent les bonnes actions, contrôlent les portes des sens, sont vigilants, atteignent les 4 jhânas, se souviennent de leurs vies antérieures, voient la mort et la renaissance, éliminent les contaminations. De tels Accomplis ne peuvent accomplir délibérément des meurtres, des vols, des relations sexuelles, des mensonges ou la jouissance de biens accumulés. Et il y a des centaines de tels guides parmi les disciples du Seigneur.
    Sandaka et toute sa troupe deviennent disciples du Seigneur.

77. Le grand récit de Sakouloudâyin   (Mahâsakuludâyisutta°)

    Le renonçant Sakouloudâyin parle au Seigneur des principaux maîtres spirituels de ce temps, lesquels étaient vénérés par la foule mais non respectés et même contredits par les renonçants qui les suivaient. A l'inverse, les élèves de l'ascète Gotama ne faisaient pas de bruit pendant l'enseignement, ne toussaient pas et vénéraient leur maître. Celui-ci mange peu, se contente de peu et vit dans la solitude.
    Le Seigneur répond qu'il a des disciples possédant les mêmes qualités, lesquelles ne suffisent pas pour justifier la vénération. On admire aussi chez lui sa discipline supérieure, sa connaissance-vision sublime, sa sagacité supérieure, ses réponses à propos des 4 vérités et ses méthodes : les 4 satipatthâna, les 4 efforts justes, les 4 bases de réussite, les 5 facultés, les 5 forces, les 7 facteurs de réalisation, l'octuple chemin, les 8 libérations (vimokkha : ce qui est physique pur voit le physique pur, ce qui ne perçoit pas le physique intérieur voit le physique pur extérieur (dans les jhânas), seulement la beauté, les 4 domaines infinis, l'arrêt des perceptions et du ressenti, les 8 maîtrises (abhibhâyatana), les 10 globalités (kasina), les 4 jhânas qui saturent le corps de ravissement, la production d'un corps fait d'esprit, les pouvoirs merveilleux, l'oreille divine, la connaissance de l'esprit d'autrui, le souvenir des vies antérieures, la connaissance de la mort et de la renaissance, la destruction des contaminations.

78. Le récit de Samanamandikâ   (Samanamandikâsutta°)

    Le charpentier Pañcakanga va voir le renonçant Ouggâhamâna, fils de Samanamandikâ, qui lui déclare qu'un ascète atteint le plus haut niveau bénéfique s'il ne commet pas de mauvaises actions, ne parle pas mal, n'a pas de mauvaises intentions ni un mauvais mode de subsistance. Pañcakanga rapporte ce propos au Seigneur qui lui répond qu'un petit bébé couché sur le dos remplit ces conditions, et qu'il faut connaître aussi les mauvais comportements, leur origine, leur cessation ici-même et la façon de les stopper, il faut connaître en outre les bons comportements, leur origine, leur cessation ici-même et la façon de les stopper, il faut connaître les mauvais desseins, leur origine, leur cessation ici-même et la façon de les stopper, il faut connaître les bons desseins, leur origine, leur cessation ici-même et la façon de les stopper.
    Le Seigneur explique ensuite chacune de ces phrases. Les mauvais comportements trouvent leur origine dans les états d'être entachés d'attraction, d'aversion ou de confusion, cessent quand ils cèdent la place à de bons comportements, lesquels cessent dans la Délivrance. Les mauvais desseins résultent de perceptions teintées de désir, de haine ou de violence et cessent dans le premier jhâna. Les bons desseins cessent dans le deuxième jhâna.
    Le Seigneur termine par les 10 qualités du plus haut niveau bénéfique : les 8 facteurs du chemin, la connaissance et la Délivrance des asekha.

79. Le petit récit de Sakouloudâyin   (Cûlasakuludâyisutta°)

   Le Seigneur va voir Sakouloudâyin et ses renonçants, ils discutent de ce que dit le maître Nâtaputta, du passé, du futur, de la suprême couleur selon les anciens maîtres, de l'existence d'un monde de bonheur complet et du chemin qui y mène. Le Seigneur montre alors les 4 jhânas, le souvenir des vies antérieures, la connaissance de la mort et de la renaissance et la destruction des contaminations. Sakouloudâyin veut devenir moine chez le Seigneur mais ses propres élèves l'en dissuadent.

80. Le récit de Vekhanassa   (Vekhanassasutta°)

    Même discussion que précédemment à propos de la suprême couleur (le renonçant Vekhanassa était le maître de Sakuludâyin). Les plaisirs des sens. Vekhanassa devient un fidèle du Seigneur.

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