Le renonçant Vacchagotta demande s'il est juste de dire que “l'ascète
Gotama est omniscient, omnivoyant et qu'il se reconnaît une
connaissance et vision complète : que ce soit en marchant ou debout,
endormi ou éveillé, la connaissance et vision est toujours présente, en
permanence”. Le Seigneur répond que non, il faut dire que “l'ascète
Gotama a les trois connaissances (vijjâ) : il se rappelle ses vies
antérieures, il voit la mort et la renaissance, il connaît la
Délivrance en ayant supprimé les contaminations”.
Puis Vacchagotta pose d'autres questions sur l'après-mort. Le Seigneur
répond que les laïcs ne peuvent atteindre l'Accomplissement mais qu'ils
sont nombreux à aller au ciel. Les âjîvaka, ascètes nus, ne peuvent atteindre l'Accomplissement et un seul d'entre eux, qui proclamait le kamma et ne refusait pas le kiriya, a pu atteindre le ciel.
Le renonçant vient demander au Seigneur auxquelles des 16 opinions
(énumérées dans le récit n° 63) il croit. Chaque croyance est une
entrave pernicieuse qui ne mène pas au Dénouement. Le Seigneur les voit
comme des dangers, ne s'y risque pas et les écarte, mais il voit bien
chacun des 5 ensembles, son apparition et sa disparition, ainsi que la
Délivrance par la destruction de toute imagination, croyance, désir,
appréciation.
Le Dhamma est profond, difficile à
comprendre, difficile à voir, paisible, excellent, non intellectuel,
subtil, accessible aux seuls sages.
L'incendie
cesse quand tout est brûlé et il ne va nulle part. De même tous les
ensembles dans lesquels on voudrait identifier le Tathâgata sont
détruits. Le Tathâgata est sans fond, incommensurable, insondable comme
l'océan.
Vacchagotta devient un fidèle du Seigneur.
Le Seigneur enseigne à Vacchagotta le pernicieux (akusala) et le
bénéfique (kusala). Attraction, aversion et confusion sont
pernicieuses, le contraire est bénéfique. Les 10 mauvaises actions
(récit n° 41) sont pernicieuses, s'en abstenir est bénéfique.
Il y a des centaines de moines et de nonnes qui ont atteint
l'Accomplissement, des centaines de laïcs chastes, hommes et femmes,
qui ont atteint le Sans-retour, des centaines de laïcs, hommes et
femmes, s'adonnant aux plaisirs des sens, qui mettent l'enseignement en
pratique et le comprennent par eux-mêmes, sans l'aide d'autrui. Si
Gotama avait été le seul à réussir, la vie sainte aurait été incomplète.
Vacchagotta demande l'ordination et l'obtient après 4 ans. 2 semaines
plus tard il revient voir le Seigneur. Il a la connaissance acquise
grâce à l'exercice et demande comment aller plus loin. Le Seigneur lui
indique la quiétude (samatha) et la supravoyance (vipassanâ), puis les
"réussites" (Visud XII 2), l'oreille divine, la lecture de l'esprit
d'autrui, le souvenir des vies antérieures, la connaissance de la mort
et de la renaissance, et la destruction des contaminations. Vacchagotta
atteint l'Accomplissement.
Comment Gotama fit-il
comprendre que l'attachement aux croyances ne mène pas à la délivrance ?
Les épisodes : le renonçant Ongle-long déclare ce à quoi il croit.
Gotama lui montre l'inconvénient de cette attitude, puis lui indique
pourquoi il faut se détacher du corps et du ressenti. Effet de cette
conversation sur Sâriputta.
Faut-il développer les 5 sens, ou au
contraire les contrôler ?
Les épisodes : le renonçant Mâgandiya préconise le développement des
sens. Il rencontre Gotama. Celui-ci utilise sa propre expérience, ainsi
que l'image du lépreux, pour montrer à quel point les plaisirs des sens sont
trompeurs. Mâgandiya demande son admission comme moine. Il atteint l'Accomplissement.
Le vénérable Ânanda va voir Sandaka et sa troupe de renonçants. Il leur
énumère 4 doctrines professées par des gourous, qui toutes nient la
responsabilité des hommes et vont à l'encontre de la vie sainte. Il
décrit aussi 4 sortes de gourous qui n'inspirent pas confiance : celui
qui se prétend omniscient et qui explique ses mésaventures comme des
actes qu'il devait acccomplir, celui qui se réfère à la tradition mais
ne la connaît pas bien, celui qui procède par raisonnement mais s'y prend mal, et celui qui est stupide et s'embrouille
dans ses réponses.
Au contraire, quand le
Tathâgata paraît et enseigne, nombreux sont ceux qui se font moines,
pratiquent les bonnes actions, contrôlent les portes des sens, sont
vigilants, atteignent les 4 jhânas, se souviennent de leurs vies
antérieures, voient la mort et la renaissance, éliminent les
contaminations. De tels Accomplis ne peuvent accomplir délibérément des
meurtres, des vols, des relations sexuelles, des mensonges ou la
jouissance de biens accumulés. Et il y a des centaines de tels guides
parmi les disciples du Seigneur.
Sandaka et toute sa troupe deviennent disciples du Seigneur.
Le renonçant Sakouloudâyin parle au Seigneur des principaux maîtres
spirituels de ce temps, lesquels étaient vénérés par la foule mais
non respectés et même contredits par les renonçants qui les suivaient. A l'inverse, les élèves de l'ascète Gotama ne faisaient
pas de bruit pendant l'enseignement, ne toussaient pas et vénéraient leur maître. Celui-ci mange peu, se contente de peu
et vit dans la solitude.
Le Seigneur répond qu'il
a des disciples possédant les mêmes qualités, lesquelles ne suffisent
pas pour justifier la vénération. On admire aussi chez lui sa
discipline supérieure, sa connaissance-vision sublime, sa sagacité
supérieure, ses réponses à propos des 4 vérités et ses méthodes : les 4
satipatthâna,
les 4 efforts justes, les 4 bases de réussite, les 5 facultés, les 5
forces, les 7 facteurs de réalisation, l'octuple chemin, les 8
libérations (vimokkha : ce qui est physique pur voit le physique pur,
ce qui ne perçoit pas le physique intérieur voit le physique pur
extérieur (dans les jhânas), seulement la beauté, les 4 domaines
infinis, l'arrêt des perceptions et du ressenti, les 8 maîtrises
(abhibhâyatana), les 10 globalités (kasina),
les 4 jhânas qui saturent le corps de ravissement, la production d'un
corps fait d'esprit, les pouvoirs merveilleux, l'oreille divine, la
connaissance de l'esprit d'autrui, le souvenir des vies antérieures, la
connaissance de la mort et de la renaissance, la destruction des
contaminations.
Le charpentier Pañcakanga va voir le renonçant Ouggâhamâna, fils de Samanamandikâ,
qui lui déclare qu'un ascète atteint le plus haut niveau bénéfique s'il
ne commet pas de mauvaises actions, ne parle pas mal, n'a pas de
mauvaises intentions ni un mauvais mode de subsistance. Pañcakanga
rapporte ce propos au Seigneur qui lui répond qu'un petit bébé couché
sur le dos remplit ces conditions, et qu'il faut connaître aussi les
mauvais
comportements, leur origine, leur cessation ici-même et la façon de les
stopper, il faut connaître en outre les bons comportements, leur
origine, leur cessation ici-même et la façon de les stopper, il faut
connaître les mauvais desseins, leur origine, leur cessation ici-même
et la façon de les stopper, il faut connaître les bons desseins,
leur origine, leur cessation ici-même et la façon de les stopper.
Le Seigneur explique ensuite chacune de ces phrases. Les mauvais
comportements trouvent leur origine dans les états d'être entachés
d'attraction, d'aversion ou de confusion, cessent quand ils cèdent la
place à de bons comportements, lesquels cessent dans la Délivrance. Les
mauvais desseins résultent de perceptions teintées de désir, de haine
ou de violence et cessent dans le premier jhâna. Les bons desseins
cessent dans le deuxième jhâna.
Le Seigneur
termine par les 10 qualités du plus haut niveau bénéfique : les 8
facteurs du chemin, la connaissance et la Délivrance des asekha.
Le Seigneur va voir Sakouloudâyin et ses renonçants, ils discutent de ce
que dit le maître Nâtaputta, du passé, du futur, de la suprême couleur
selon les anciens maîtres, de l'existence d'un monde de bonheur complet
et du chemin qui y mène. Le Seigneur montre alors les 4 jhânas, le
souvenir des vies antérieures, la connaissance de la mort et de la
renaissance et la destruction des contaminations. Sakouloudâyin veut
devenir moine chez le Seigneur mais ses propres élèves l'en dissuadent.
Même discussion que précédemment à propos de la suprême couleur (le
renonçant Vekhanassa était le maître de Sakuludâyin). Les plaisirs des
sens. Vekhanassa devient un fidèle du Seigneur.