Le Seigneur demeure dans la vacuité. Le monastère est vide d'éléphants, de chevaux, de laïcs, etc. Il y a une seule chose dont il n'est pas vide, la communauté monastique. De même, le moine ne prête pas attention à la perception "village" ni à la perception "hommes" mais seulement à la perception de solitude, il contemple donc le vide : il n'y a pas ce qui n'est pas. Il prête ensuite attention à la seule perception "terre" (Visud IV 29), puis successivement à l'espace infini, à la conscience infinie, au néant, au domaine sans perception ni non-perception, à la concentration sans signe (Visud XXI 70), mais celle-ci est encore conditionnée et temporaire. Il se défait alors des contaminations par le désir, l'existence et l'aveuglement, et il ne reste plus que la vie physique.
122. Le grand récit de la vacuité (Mahâsuññatasutta°)
On ne peut attendre d'un moine attaché à une communauté qu'il atteigne
le bonheur de la Réalisation, mais on peut attendre cela d'un
moine solitaire. Pour atteindre la vacuité intérieure, il faut fixer
l'attention vers l'intérieur, atteindre les jhânas et rester pleinement
conscient dans toutes les activités physiques, verbales et mentales. Le
moine se détache des plaisirs sensoriels et des ensembles saisis.
Pour un ascète solitaire, l'afflux de dévots représente un danger qui peut le détourner de sa voie.
Ne pas bien écouter le Seigneur quand il parle est une conduite inamicale envers lui.
Le Tathâgata connaît la vie des Bouddhas antérieurs.
En présence du Seigneur, Ânanda énumère les merveilles de la vie du
bodhisatta : vie consciente parmi les dieux Tusitas, descente
consciente dans le sein maternel, merveilles survenues en cette
occasion, la mère accouchant debout, merveilles lors de cette
naissance, mort de la mère 7 jours après la naissance et sa nouvelle
vie parmi les dieux Tusitas.
Le renonçant Kassapa vient voir son vieil ami, le vénérable Bakkula,
qui est moine depuis 80 ans. Le vénérable explique qu'en 80 ans il n'a
jamais eu de désir, d'aversion ni de méchanceté, il a toujours suivi
les règles les plus austères en matière de vêtement, de nourriture, de
relations avec la gent féminine ou la communauté, il n'a jamais été
malade, il a eu la connaissance ultime (aññâ) dès le huitième jour.
Kassapa demande l'ordination, l'obtient et atteint l'Accomplissement.
Bakkula parcourt le monastère pour rassembler les moines et atteint
l'ultime Nibbâna, assis au milieu de la communauté.
Le prince Jayaséna demande au novice Aciravata si un moine
vigilant, ardent et résolu peut atteindre l'unicité d'esprit. Le novice
répond que oui. Le prince demande un enseignement, mais ne le comprend
pas et s'en va.
Aciravata va trouver le Seigneur,
qui lui dit que le prince s'adonne aux plaisirs des sens et ne peut
comprendre ce qui nécessite d'y renoncer. Comparaison des deux amis :
l'un reste au pied d'une montagne et refuse de croire l'autre qui lui
décrit ce qu'il voit depuis le sommet.
Parallèle
détaillé, étape par étape, entre le dressage de l'éléphant sauvage et
l'éducation du disciple du Seigneur.
Faut-il mener la vie sainte en en espérant quelque chose ?
Les épisodes
: le vénérable Bhûmija est interrogé par son bienfaiteur : le fait
d'attendre un résultat gêne-t-il la vie sainte ? Il répond. Puis il va
demander au Maître s'il a bien répondu. Le Maître approuve et ajoute 4
comparaisons judicieuses.
Le charpentier Pañcakanga demande au vénérable Anuruddha si "délivrance
spirituelle étendue (mahaggata)" et "délivrance spirituelle
incommensurable (appamâna)"
sont une même chose. Non. La dernière se réfère à la bienveillance, la
pitié, la joie et le regard neutre, et l'autre à l'extension du signe
(Visud IV 127).
Lumière plus ou moins vaste et plus ou moins pure qui émane du corps des divinités.
Faut-il vivre seul ou en groupe pour bien pratiquer ?
Les épisodes
: les moines de Kosambi se querellent, le Seigneur ne peut les arrêter,
quatrains sur la haine, le solitaire Bhagu, les 3 Anuruddhas en
harmonie, l'illumination et les formes immatérielles, les défauts
mineurs de la pratique, les concentrations intenses et l'atteinte du
but.
Le sot se caractérise par sa mauvaise conduite. Il en récolte 3
désagréments : quand les autres parlent de ces conduites, quand il voit
les rois punir ceux qui ont commis les mêmes crimes et quand il va
mourir sans l'espoir d'une bonne destinée. Il se retrouve dans un enfer
(images des souffrances de l'enfer), en animal herbivore, scatophage,
nocturne, aquatique, vivant dans la pourriture, etc. Celui qui tombe
dans ces états a moins de chances de redevenir humain qu'a une tortue
qui remonte à la surface de l'océan tous les cent ans de passer la tête
dans un cerceau à la dérive, mais si cela se produit malgré tout, il
naît difforme dans une famille pauvre et méprisée, il s'y conduit mal
et rechute.
Le sage, au contraire, se caractérise
par sa bonne conduite. Il en récolte 3 bonheurs : quand les autres
parlent de ces conduites, quand il voit la punition des criminels et
quand il va mourir. Il arrive dans un paradis (images des plaisirs
célestes qui sont plus intenses que ceux d'un roi cakkavattin
ayant les 7 trésors et les 4 pouvoirs décrits ici). Si par la suite il
redevient humain, il naît beau dans une famille riche et respectée, se
conduit bien et remonte dans un paradis.
Le Seigneur voit la mort et la renaissance des êtres. Il décrit ici le
jugement du défunt devant le roi Yama. Le mort qui s'est mal conduit
n'a pas vu les messagers de sa propre mort que sont la naissance
d'autrui, la vieillesse d'autrui, la maladie d'autrui, la mort d'autrui
et la vue des cadavres.
Descriptions du Grand Enfer.