Faut-il donner les profondes instructions aux laïcs ?
Les épisodes
: Anâthapindika tombe gravement malade. Il fait venir Sâriputta.
Celui-ci lui donne les instructions de pratique selon les 18 éléments,
les ressentis et les mondes infinis. Anâthapindika meurt et revient
comme dieu. Il déclame des vers.
Les vénérables Sâriputta et Chunda vont proposer leur aide au vénérable
Channa qui est gravement malade. Celui-ci leur dit qu'il va se
suicider. Interrogé, Channa dit qu'il voit la cessation dans les 18
éléments et qu'il les considère donc ainsi : “Ceci n'est pas à moi, je
ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon moi-autonome”.
Cunda rappelle une parole du Seigneur : “Attaché, on vacille. Détaché,
on ne vacille pas. Sans vacillement, tranquillité. Dans la
tranquillité, pas d'inclination. Sans inclination, pas d'allées et
venues. Sans allées ni venues, pas de mort ni de naissance. Sans mort
ni naissance, pas d'ici, pas d'au-delà, pas d'entre-les-deux. Voilà la
fin de tout malheur”.
Les deux vénérables
repartent. Channa se tue. Le Seigneur dit que l'on peut blâmer celui
qui rejette un corps et s'attache à un autre, mais tel n'était pas le
cas de Channa.
Le Seigneur exalte le vénérable Punna, il dit que si un moine prend
plaisir aux objets des 6 sens, de la jouissance (nandî) apparaît et que
cela est la cause du malheur. Si elle cesse, le malheur cesse aussi.
Punna veut revenir à sa région d'origine mais les habitants y sont
brutaux. S'ils l'injurient, il pensera qu'ils sont bons de ne pas le
frapper. S'ils le frappent, qu'ils sont bons de ne pas lui lancer des
mottes de terre... de ne pas le frapper avec des bâtons... avec des
couteaux... de le tuer. S'ils le tuent, il pensera qu'il y a des
disciples du Seigneur qui cherchent un couteau pour se tuer et voilà
que le couteau arrive sans qu'il ait eu besoin de le chercher.
De retour dans sa région Punna fait des disciples, acquiert les 3 sciences (vijjâ) et l'Accomplissement.
Les domaines personnels et externes, les consciences et les facteurs de réalisation
Les épisodes
: des nonnes demandent à être instruites. Maître Gotama dit aux moines
de les instruire. Nandaka refuse, puis accepte. Les nonnes atteignent
leur but.
Le Seigneur montre à son fils Râhula que les objets des 6 sens, les organes des 6 sens, les consciences correspondantes, les contacts avec les organes des sens et tous les ressentis, perceptions, composants et consciences qui résultent de ces contacts sont temporaires, donc malheureux, et qu'on ne peut pas en penser “ceci est à moi, je suis ceci, ceci est mon moi”. Le disciple pur qui les voit ainsi s'en détache, s'en dépassionne, se délivre et reconnaît cette Délivrance. Râhula atteint l'Accomplissement.
148. Le récit des six fois six (Chachakkasutta°)
6 domaines personnels et 6 extérieurs, 6 collections de consciences, 6
collections de contacts, 6 collections de ressentis et 6 collections de
désirs (tanhâ).
Une conscience visuelle apparaît s'il y a apparence visible et œil. La
rencontre des 3 s'appelle contact. Conditionné par le contact, un type
de ressenti (agréable, désagréable ou neutre). Conditionné par le
ressenti, un désir. Tout cela est temporaire et rien de tout cela ne
peut être pris pour une entité permanente.
La
croyance à un moi permanent vient des perceptions “ceci est à moi, je
suis ceci, ceci est mon moi”. Quand le ressenti est agréable, il y a
une tendance à s'attacher et cette tendance s'ancre. Quand le ressenti
est désagréable, il y a une tendance à repousser et cette tendance
s'ancre. Quand le ressenti est neutre, il y a une tendance à ignorer et
cette tendance s'ancre. Si l'on ne s'attache pas, ne repousse pas et
n'ignore pas, les tendances ne s'ancrent pas, la connaissance apparaît
et le malheur prend fin sur le champ. Ainsi se produit la Délivrance.
Quand on ne voit pas tels qu'ils sont les organes et les objets des 6 sens, les consciences, contacts et ressentis y afférant, on y prend plaisir, le désir s'accroît, les troubles et les tourments physiques et mentaux grandissent. Mais si on les voit tels qu'ils sont, on n'y prend pas plaisir, on en voit le danger, les troubles et les tourments disparaissent. La vision des choses telles qu'elles sont est la vision juste, l'octuple chemin en découle, la pratique atteint sa plénitude, quiétude (samatha) et supravoyance (vipassanâ) sont couplées, les 5 ensembles sont pleinement connus, l'aveuglement et le désir d'existence sont détruits, la connaissance et la Délivrance présentes.
150. Le récit de Nagaravindan (Nagaravindeyyasutta°)Qui faut-il vénérer ? Ceux qui ont chassé tout attachement, aversion et illusion à l'égard des objets des 6 sens, qui sont intimement apaisés et qui ont une conduite égale.
151. Le récit de la pureté des aumônes (Pindapâtapârisuddhisutta°) Sâriputta demeure beaucoup dans la vacuité et il en resplendit.
Le moine doit examiner si sur le chemin des aumônes il a attirance,
attachement, aversion ou confusion quant aux objets des 6 sens. Si oui,
il doit s'efforcer d'éliminer ces défauts. Si non, il doit les
abandonner avec joie et s'exercer jour et nuit aux choses bénéfiques.
S'il n'a pas abandonné les 5 plaisirs des sens et les 5 obstacles, s'il
n'a pas pleinement compris les 5 ensembles saisis, s'il n'a pas achevé
les différentes pratiques et vu directement la Délivrance, il doit
s'efforcer de le faire et s'exercer jour et nuit aux choses bénéfiques.
Quand un moine perçoit un objet des 6 sens, il voit qu'apparaît en lui
plaisir ou déplaisir, et que cela est conditionné et grossier alors que
le regard neutre est excellent. Il stoppe immédiatement plaisir ou
déplaisir et maintient le regard neutre. De plus, il souffre de ce
plaisir ou déplaisir, en a honte, en est dégoûté. Ainsi développe-t-on
les facultés dans l'éducation des purs.
Quand les
facultés sont-elles pleinement développées ? Quand on peut percevoir à
volonté agrément ou désagrément dans ce qui paraît désagréable ou
agréable, ou quand on peut rejeter les deux en gardant un regard
neutre, vigilant et pleinement conscient.
“Il y a
le pied des arbres, Ânanda, il y a les solitudes. Pratiquez la
contemplation, Ânanda, ne restez pas insouciants, n'ayez pas de regrets
plus tard, tel est mon enseignement pour vous”. Ainsi parla le Seigneur.