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QUINZIEME DIZAINE

dite section des six domaines


143. Le récit d'Anâthapindika   (Anâthapindikovâdasutta°)

    Faut-il donner les profondes instructions aux laïcs ?
    Les épisodes : Anâthapindika tombe gravement malade. Il fait venir Sâriputta. Celui-ci lui donne les instructions de pratique selon les 18 éléments, les ressentis et les mondes infinis. Anâthapindika meurt et revient comme dieu. Il déclame des vers.

144. Le récit de Channa   (Channovâdasutta°)

    Les vénérables Sâriputta et Chunda vont proposer leur aide au vénérable Channa qui est gravement malade. Celui-ci leur dit qu'il va se suicider. Interrogé, Channa dit qu'il voit la cessation dans les 18 éléments et qu'il les considère donc ainsi : “Ceci n'est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon moi-autonome”.
    Cunda rappelle une parole du Seigneur : “Attaché, on vacille. Détaché, on ne vacille pas. Sans vacillement, tranquillité. Dans la tranquillité, pas d'inclination. Sans inclination, pas d'allées et venues. Sans allées ni venues, pas de mort ni de naissance. Sans mort ni naissance, pas d'ici, pas d'au-delà, pas d'entre-les-deux. Voilà la fin de tout malheur”.
    Les deux vénérables repartent. Channa se tue. Le Seigneur dit que l'on peut blâmer celui qui rejette un corps et s'attache à un autre, mais tel n'était pas le cas de Channa.

145. Le récit de Punna   (Punnovâdasutta°)

    Le Seigneur exalte le vénérable Punna, il dit que si un moine prend plaisir aux objets des 6 sens, de la jouissance (nandî) apparaît et que cela est la cause du malheur. Si elle cesse, le malheur cesse aussi.
    Punna veut revenir à sa région d'origine mais les habitants y sont brutaux. S'ils l'injurient, il pensera qu'ils sont bons de ne pas le frapper. S'ils le frappent, qu'ils sont bons de ne pas lui lancer des mottes de terre... de ne pas le frapper avec des bâtons... avec des couteaux... de le tuer. S'ils le tuent, il pensera qu'il y a des disciples du Seigneur qui cherchent un couteau pour se tuer et voilà que le couteau arrive sans qu'il ait eu besoin de le chercher.
    De retour dans sa région Punna fait des disciples, acquiert les 3 sciences (vijjâ) et l'Accomplissement.

146. Le récit de l'instruction de Nandaka   (Nandakovâdasutta°)

    Les domaines personnels et externes, les consciences et les facteurs de réalisation
    Les épisodes : des nonnes demandent à être instruites. Maître Gotama dit aux moines de les instruire. Nandaka refuse, puis accepte. Les nonnes atteignent leur but.

147. Le petit récit de Râhula   (Râhulovâdasutta°)

    Le Seigneur montre à son fils Râhula que les objets des 6 sens, les organes des 6 sens, les consciences correspondantes, les contacts avec les organes des sens et tous les ressentis, perceptions, composants et consciences qui résultent de ces contacts sont temporaires, donc malheureux, et qu'on ne peut pas en penser “ceci est à moi, je suis ceci, ceci est mon moi”. Le disciple pur qui les voit ainsi s'en détache, s'en dépassionne, se délivre et reconnaît cette Délivrance. Râhula atteint l'Accomplissement.

148. Le récit des six fois six   (Chachakkasutta°)

    6 domaines personnels et 6 extérieurs, 6 collections de consciences, 6 collections de contacts, 6 collections de ressentis et 6 collections de désirs (tanhâ).
    Une conscience visuelle apparaît s'il y a apparence visible et œil. La rencontre des 3 s'appelle contact. Conditionné par le contact, un type de ressenti (agréable, désagréable ou neutre). Conditionné par le ressenti, un désir. Tout cela est temporaire et rien de tout cela ne peut être pris pour une entité permanente.
    La croyance à un moi permanent vient des perceptions “ceci est à moi, je suis ceci, ceci est mon moi”. Quand le ressenti est agréable, il y a une tendance à s'attacher et cette tendance s'ancre. Quand le ressenti est désagréable, il y a une tendance à repousser et cette tendance s'ancre. Quand le ressenti est neutre, il y a une tendance à ignorer et cette tendance s'ancre. Si l'on ne s'attache pas, ne repousse pas et n'ignore pas, les tendances ne s'ancrent pas, la connaissance apparaît et le malheur prend fin sur le champ. Ainsi se produit la Délivrance.

149. Le grand récit des six domaines   (Mahâsalâyatanikasutta°)

    Quand on ne voit pas tels qu'ils sont les organes et les objets des 6 sens, les consciences, contacts et ressentis y afférant, on y prend plaisir, le désir s'accroît, les troubles et les tourments physiques et mentaux grandissent. Mais si on les voit tels qu'ils sont, on n'y prend pas plaisir, on en voit le danger, les troubles et les tourments disparaissent. La vision des choses telles qu'elles sont est la vision juste, l'octuple chemin en découle, la pratique atteint sa plénitude, quiétude (samatha) et supravoyance (vipassanâ) sont couplées, les 5 ensembles sont pleinement connus, l'aveuglement et le désir d'existence sont détruits, la connaissance et la Délivrance présentes.

150. Le récit de Nagaravindan   (Nagaravindeyyasutta°)

    Qui faut-il vénérer ? Ceux qui ont chassé tout attachement, aversion et illusion à l'égard des objets des 6 sens, qui sont intimement apaisés et qui ont une conduite égale.

151. Le récit de la pureté des aumônes   (Pindapâtapârisuddhisutta°)

    Sâriputta demeure beaucoup dans la vacuité et il en resplendit.
    Le moine doit examiner si sur le chemin des aumônes il a attirance, attachement, aversion ou confusion quant aux objets des 6 sens. Si oui, il doit s'efforcer d'éliminer ces défauts. Si non, il doit les abandonner avec joie et s'exercer jour et nuit aux choses bénéfiques.
    S'il n'a pas abandonné les 5 plaisirs des sens et les 5 obstacles, s'il n'a pas pleinement compris les 5 ensembles saisis, s'il n'a pas achevé les différentes pratiques et vu directement la Délivrance, il doit s'efforcer de le faire et s'exercer jour et nuit aux choses bénéfiques.

152. Le récit du développement des facultés   (Indriyabhâvanâsutta°)

    Quand un moine perçoit un objet des 6 sens, il voit qu'apparaît en lui plaisir ou déplaisir, et que cela est conditionné et grossier alors que le regard neutre est excellent. Il stoppe immédiatement plaisir ou déplaisir et maintient le regard neutre. De plus, il souffre de ce plaisir ou déplaisir, en a honte, en est dégoûté. Ainsi développe-t-on les facultés dans l'éducation des purs.
    Quand les facultés sont-elles pleinement développées ? Quand on peut percevoir à volonté agrément ou désagrément dans ce qui paraît désagréable ou agréable, ou quand on peut rejeter les deux en gardant un regard neutre, vigilant et pleinement conscient.
    “Il y a le pied des arbres, Ânanda, il y a les solitudes. Pratiquez la contemplation, Ânanda, ne restez pas insouciants, n'ayez pas de regrets plus tard, tel est mon enseignement pour vous”. Ainsi parla le Seigneur.


FIN DU MAJJHIMA NIKÂYA